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Hommage aux Mineurs

https://www.i-service.be/sipt/images/banners/Mineur2016.jpgLe plus ancien coup de grisou dont on ait conservé le souvenir se produisit en 1589 au Trou Moreau à Frameries. Il fit 6 morts. En 1582, une galerie s'emplit d'eau à la veine Picarte: il s'agira cette fois de 6 noyés. Car, au fond de la mine, on peut périr de bien des manières: noyade, incendie, éboulement, explosion, asphyxie... de toute évidence, le sous-sol borain n'est vraiment pas fait pour favoriser la vie humaine.

La commune de Frameries a, quant à elle, payé, au fil du temps, un des plus lourds tribus à l'industrie houillère. Concentrons-nous sur les tristements connues fosses de l'Agrappe. En 1758, en 1789: un incendie y éclate. De 1778 à 1790, la Compagnie de l'Agrappe fait savoir que ses fosses ont connu plus de trente fois les ravages du grisou. Le 16 janvier 1855 il y eut encore 4 tués et un blessé au puits n°9 de l'Agrappe. Le 12 janvier 1864, c'est au puits n°3 que 10 ouvriers périrent dans un coup de grisou - pour 17 blessé ! En1874: 7 personnes sont tuées au puits n°2... Le martyrologue est sans fin !

Le 16 décembre 1875 fut une date tragique (une de plus !) dans l'histoire de cette exploitation. Le jour précédent, des ouvriers avaient lu une lugubre inscription marquée à la craie sur le flanc d'un chariot: "demain tout sautera". En effet, le lendemain, à 8h30, tout sautait à 520 mères de profondeur. 200 ouvriers étaient au fond en cette heure tragique. Douze heures plus tard, 50 corps sans vie étaient déjà remontés. Il y eut, en tout, 112 tués, dont 100 framerisois. On retrouva les corps enlacés d'un père et de ses deux fils. Huit mois après la tragédie, un nouveau coup de grisou ôtait la vie à 4 mineurs supplémentaires, dans le même puits.

Vint enfin le 17 avril 1879 date du tristement célèbre "volcan de l'Agrappe". A 7h30 du matin, on remarqua qu'une "mauvaise odeur" se dégageait de la fosse. Une formidable explosion retentit aussitôt, provenant de la veine Epuisoire à 610 mètres de profondeur, projetant dans les galeries, dans le chantier, quelques 4.200 hectolitres de charbon pulvérisé. Le grisou alla s'allumer au poêle de la salle de la machines d'extraction. Le châssis à molette fut brisé. Une flamme haute de 80 mètres s'éleva au milieu d'un intense dégagement de fumées noires. Dans les heures qui suivirent la catastrophe, si l'on vit émerger des rescapés ahuris et blessés il y eu 121 morts- de nombreux corps restèrent à jamais enfouis dans les profondeurs de l'abysse dévoreuse d'hommes.

A l'annonce de cette terrible infortune, le roi Léopold II adressa une somme de 5000 francs (de l'époque) aux familles en deuil, ainsi qu'un télégramme renseignant sa profonde émotion.

L’Agrappe, «Sinistre Fosse», mangeuse d’hommes qui a causé tant de malheur et fait couler tant de larmes ! A ceux qui méconnaissent trop souvent le droit à la considération qui se sont acquis les mineurs borains, des fosses comme celle de la Cour de l’Agrappe, témoins irrécusables de leur abnégation, sont là pour rappeler leurs obscurs sacrifices et le lourd tribut
qu’ils ont payé à leur pénible métier.

Puits n° 2 de la Compagnie des Charbonnages Belges, dit : l’Agrappe, la Sinistre Fosse.
Coups de grisou :
En 1758 : 8 morts
De 1766 à 1790 : 30 coups de grisous (!) font de nombreuses victimes
En 1847 : 7 morts
Le 12 janvier 1864 : 15 morts
Le 29 juillet 1874, à l’étage 180 : 9 morts
Le 16 décembre 1875, aux étages 520 et 560 : 112 morts
Le 14 août 1876 : 4 morts
Le 17 avril 1879, à l’étage 620 : 121 morts
Le 1er septembre 1892 : 28 morts
Ce puits est de loin le plus meurtrier de tout le bassin Borain. Il fut fermé en 1922.

Sources : Blogsquetia ; vangoghborinage.canalblog.com